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Résumé

Mosaique : Léon Lortie, Raymond David, Augustin Frigon, Alcantara Dion, Jules Brunel, Louis Bourgoin, Luc Lacourcière, Albert Tessier et Fernand Séguin
Léon Lortie, Raymond David, Augustin Frigon, Alcantara Dion, Jules Brunel, Louis Bourgoin, Albert Tessier, Luc Lacourcière et Fernand Séguin
Les programmes-horaires de Radio-Collège de la saison 1941-1942 à la saison 1955-1956.

Le projet pédagogique de Radio-Collège dans la décennie 1940
La conservation des institutions scolaires traditionnelles et la promotion des sciences

Radio-Collège fut le service d’émissions éducatives de la radio francophone de Radio-Canada entre 1941 et 1956. Durant les années 1940, sur lesquelles s’attarde ce mémoire, le contenu diffusé sur les ondes se veut surtout éducatif. Des penseurs de la pédagogie y sont associés, comme Alcantara Dion, Albert Tessier ou Georges Perras. Instigateurs de certains changements dans les méthodes d’enseignement de l’époque, ils seront néanmoins d’ardents défenseurs du système scolaire traditionnel. Plusieurs membres du mouvement scientifique canadien-français de la première moitié du 20e siècle, tels le frère Marie-Victorin, le Dr Georges Préfontaine ou Léon Lortie, collaboreront aussi à Radio-Collège.

Jusqu’à présent, les études portant sur Radio-Collège se sont penchées sur sa contribution à la modernisation de la culture québécoise dans un contexte marqué, à partir de 1944, par le conservatisme du gouvernement Duplessis. Sans rejeter ces analyses, nous avons plutôt essayé de les nuancer. En effet, l’étude du contenu des causeries, du fonctionnement du service et de l’implication de certains collaborateurs à ce projet radiophonique montre l’attachement de Radio-Collège à certaines valeurs conservatrices comme l’illustre surtout sa défense des humanités classiques.

Dans le contexte de la décennie 1940, caractérisée par la montée d’une insatisfaction par rapport au système traditionnel d’enseignement en place au Canada français, Radio-Collège se présente comme un des moyens pour venir rénover de l’intérieur – plutôt que de l’abolir, comme le souhaitent ses détracteurs – cette institution traditionnelle et élitiste. En effet, les critiques à l’égard des collèges classiques fusent de partout, pensons aux débats sur l’enseignement des sciences ou bien sur la formation inadéquate des clercs enseignants. Au même moment, la jeune communauté scientifique canadienne-française entreprend de nombreuses initiatives pour permettre au champ scientifique de se développer au Québec. Ainsi, la participation des scientifiques à Radio-Collège fait partie des mesures prises pour promouvoir les sciences au Canada français.

En somme, Radio-Collège joue un rôle d’agent de changement dans le Québec de la décennie 1940, mais cela dans une perspective de maintien du réseau d’enseignement secondaire traditionnel. Effectivement, pour les collèges classiques, Radio-Collège se présente comme un élément moderne qui pourrait les revigorer, tandis que les membres du mouvement scientifique de la première moitié du 20e siècle s’en servent quant à eux pour continuer leur œuvre de promotion des sciences et de modernisation du champ scientifique.

Version PDF du mémoire disponbible ici!

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